L’hommage des artistes lyonnais

Les artistes lyonnais rendent hommage à Claude Bourgelat, Pauline Jaricot et Claudine Thévenet

La fresque des Lyonnais

La fresque se situe à l’angle du quai St-Antoine et de la rue de la Martinière – Lyon 1er.
Ce pignon est aveugle. Des mains expertes lui ont rendu la vue. Vue imprenable sur trente visages d’hommes et de femmes qui ont « fait » Lyon. Plus on grimpe les étages, plus on remonte le temps. D’un balcon à l’autre, le mur est un théâtre.
N’hésitez pas à vous rendre sur place pour admirer cette œuvre.

Claude Bourgelat (1712-1779)

Claude Bourgelat, vétérinaire né à Lyon le 27 mars 1712, mort le 3 janvier 1779.
Il est considéré à bon droit comme l’immortel créateur, en France, des écoles vétérinaires.

Claude Bourgelat avait pris du goût pour les chevaux en servant dans la cavalerie, il étudia tout ce qu’on savait alors d’art vétérinaire et apporta un zèle tout particulier à l’étude de l’anatomie du cheval et des animaux domestiques.
Il établit ainsi des analogies et des rapprochements qui ont probablement été pour quelque chose dans les conceptions grandioses de Vicq d’Azyr et de Cuvier.
Il combattit une foule de préjugés anciens et d’erreurs, et le premier donna à l’art vétérinaire une direction scientifique.

Il fonda l’École vétérinaire de Lyon en 1762 ; il était chef de l’Académie de cette ville, membre de l’Académie des sciences de Paris et commissaire général des haras.

Pauline Jaricot (1799-1862)

Vénérable

Sa cause de béatification a été introduite le 18 janvier 1930.
Le 22 avril 1952, eut lieu la congrégation préparatoire sur l’héroïcité de ses vertus.
Le 25 février 1963, le Pape Jean XXIII a signé le décret qui proclamait l’héroïcité des vertus de Pauline Marie Jaricot. Voilà pourquoi elle fut déclarée « vénérable », ce qui signifie que l’Église s’engage à la béatifier.
Mais un miracle, preuve de son intercession, est une condition nécessaire. Il dépend du ciel et d’un mouvement de prières ici-bas, en signe de connivence mutuelle pour obtenir la glorification suprême.

Sa vie

Pauline Jaricot, la dernière des sept enfants d’une famille de marchands de soie, est née à Lyon, le 22 juillet 1799, durant une période difficile pour l’Église en France.

Le clergé est divisé : d’un côté les prêtres « assermentés » de tendance gallicane et de l’autre les prêtres « réfractaires » fidèles à Rome.
Évidemment le pouvoir politique appuie la première tendance qui a son homme fort en la personne du Cardinal Fesch, Archevêque de Lyon, oncle de Napoléon Bonaparte; cette Église avec le clergé « assermenté » et « officiel » détient aussi les registres de baptêmes. Mais la famille Jaricot est amie des prêtres « réfractaires » et Pauline est baptisée à la maison.

Très vivante, la petite fille mène une vie insouciante dans un milieu très croyant et aisé, « vivante de sa propre vie », comme elle l’écrit joyeusement.
Une chute d’un tabouret fort haut, sur lequel elle était montée, lui cause un choc au système nerveux. La mort de sa mère, puis un sermon de l’abbé Würtz la mènent à l’âge de 17 ans, à une conversion résolue.

Avec la même passion, elle se lance à aimer Dieu dans les créatures et le Christ dans les pauvres et les incurables de l’hôpital.
Elle organise parmi les ouvrières le groupe des « Réparatrices » (mon bataillon sacré, comme elle l’appelle) et suit les catéchèses bibliques que donne, au personnel hospitalier, le jeune aumônier, Clément Villecourt, futur Cardinal.

La Mission entre dans son projet spirituel à travers ses rêves de devenir missionnaire en Chine, rêves partagés avec son frère Philéas, et repris plus tard quand lui-même se joint à la « Congrégation des jeunes gens et messieurs ».
Cette association, quasi secrète de piété et d’action, recueille des subsides pour les Missions Étrangères de Paris, en faveur des missions en Extrême-Orient.
Pauline soutient son frère, au Séminaire Saint-Sulpice, par une correspondance suivie. Mais, ne pouvant aller en Asie, elle cherche sous quelle autre forme aider les missions. Elle reçoit un appel pour aider la mission en Louisiane où se trouve une colonie française, des prêtres et des évêques missionnaires.
Pauline découvre que la mission n’est pas seulement en Asie, que la mission de l’Église est universelle. Comme elle le confessera « toute la terre m’a paru fécondée par la présence de ce divin Sauveur dans le Très Saint-Sacrement. De cela résulte la correspondance avec mon frère, alors au Séminaire Saint-Sulpice à Paris, pour l’encourager dans sa vocation…

De cette correspondance avec mon frère et de cette disposition personnelle, est venue la « Propagation de la Foi ».
Déjà en 1818, Pauline a commencé à recueillir un « sou » par semaine, moins d’un dixième d’euro aujourd’hui, auprès des 200 ouvrières de l’usine de son beau-frère.
Ensuite elle lance une nouvelle méthode basée sur le système décimal : chaque personne, associée à l’œuvre de la Propagation de la Foi, doit trouver dix autres personnes qui, à leur tour, en trouvent chacune dix autres, formant ainsi des « centaines » d’animatrices et de bienfaitrices, et même des « milliers » jusqu’à l’infini. Les « dizaines », les « centaines » et les « milliers » recueillent respectivement la collecte hebdomadaire de dix, de cent, de mille personnes associées.
Un plan d’une extrême facilité et simplicité, efficace aussi, nourri d’une spiritualité eucharistique, se répand en peu de temps depuis Lyon vers les autres régions.
En 1822, Pauline laisse tranquillement en d’autres mains la direction de la « Propagation de la Foi ».

La source de l’œuvre apparaît clairement dans « L’Amour infini dans la divine Eucharistie », qu’elle écrit à 23 ans.

La communion de cœurs priant et méditant chaque jour la vie complète de Jésus, crée une force spirituelle immense dans l’Église.

Dans l’année du Jubilé 1825, Pauline fait naître une autre œuvre providentielle, celle du « Rosaire vivant », en appliquant la même méthode que la précédente à la récitation associée de cette prière mariale, mais en remplaçant le nombre de dix associés par celui de quinze (les mystères du Rosaire sont au nombre de quinze).
Il faut trouver 15 personnes et confier à chacune d’elles chaque mois le soin de réciter tous les jours une dizaine de chapelet en méditant sur le mystère correspondant de la vie de Jésus. Ce mystère, tiré au sort, change chaque mois. En outre, chaque personne associée cherchera 5 autres membres qui, à leur tour, chercheront à multiplier les adhérents.

Le Rosaire vivant s’est étendu comme un incendie en France, au Canada, en Amérique latine, en Asie et dans le monde entier et il résiste encore en beaucoup d’endroits.

Tandis que ces deux initiatives concrètes obtiennent un certain succès et une vaste diffusion, la troisième initiative de Pauline est créée dans un but social, pour aider les ouvriers.

C’est d’abord une banque avec des prêts sans intérêts, puis une entreprise industrielle qui échoue à cause de quelques intrus.

Cette faillite devient la croix de l’ultime période de sa vie. Elle s’éteint en 1862, après avoir perdu tout son patrimoine.

Actuellement, l’œuvre de la Propagation de la Foi a son siège à Rome, où elle fut transférée en 1922, lorsqu’elle reçut le titre d’œuvre « Pontificale ». Elle est présente dans 144 pays des cinq continents et comprend 107 directions nationales dans tout le monde catholique.

Source / Pauline Jaricot : Archivum Vaticanum